En location meublée, le locataire peut donner congé à tout moment avec un préavis d’un mois, sans avoir à justifier son départ. Pour éviter de payer plus longtemps que prévu ou de contester une date de remise des clés, il faut surtout notifier le congé par un moyen valable et conserver une preuve de sa réception.
L’article en bref
La règle du préavis en location meublée est simple pour le locataire, mais les dates et les formalités méritent attention. Voici les repères pour notifier son départ, calculer le loyer restant et préparer la remise des clés.
- Durée côté locataire : un mois, sans motif et quelle que soit la commune
- Point de départ : le délai commence à la réception du congé
- Loyer pendant le préavis : dû jusqu’au terme, sauf accord ou relocation
- Sortie du logement : état des lieux, inventaire et clés à documenter
À retenir : une date de réception prouvée et une sortie bien préparée limitent les désaccords.
Préavis en location meublée : quelle durée pour le locataire et le bailleur ?
Pour un logement meublé loué comme résidence principale, le locataire dispose d’un délai de préavis d’un mois. Il peut mettre fin au bail à tout moment et n’a pas à fournir de motif, même s’il quitte le logement peu après la signature.
Cette règle figure à l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989. Elle s’applique même si le bail prévoit un délai plus long : une clause qui prive le locataire de ce droit ne peut pas remplacer le délai légal.
Le bailleur, lui, ne peut pas mettre fin au contrat quand il le souhaite. Pour un bail meublé de résidence principale, il doit attendre l’échéance, respecter un préavis de trois mois et invoquer un motif prévu par la loi : vente, reprise du logement ou motif légitime et sérieux.
| Qui donne congé ? | Délai à respecter | Motif nécessaire ? | Quand le congé peut-il prendre effet ? |
|---|---|---|---|
| Locataire | Un mois | Non | À tout moment pendant le bail |
| Bailleur | Trois mois | Oui | À l’échéance du bail |
La localisation ne réduit pas davantage ce délai : les règles propres aux zones tendues concernent notamment les locations nues, tandis qu’en meublé le préavis du locataire est déjà d’un mois. Pour distinguer les deux contrats, consultez aussi les différences entre location meublée et location nue.
Quel type de bail meublé est concerné par le préavis d’un mois ?
Le délai dépend d’abord de la nature du contrat. Le bail meublé classique, le bail étudiant et le bail mobilité permettent au locataire de donner congé avec un mois de préavis. La location saisonnière obéit à un autre cadre, généralement défini dans le contrat.
| Contrat | Durée repère | Préavis du locataire | À retenir |
|---|---|---|---|
| Meublé classique | Un an, en règle générale | Un mois | Le locataire peut partir à tout moment |
| Bail étudiant | Neuf mois | Un mois | Le bail prend fin à son échéance, sauf congé anticipé du locataire |
| Bail mobilité | De un à dix mois | Un mois | Le contrat prend fin à son terme et n’est pas renouvelable tacitement |
| Location saisonnière | Selon le contrat | Pas de préavis légal standard | Les modalités prévues au contrat sont déterminantes |
Le statut LMNP, qui concerne la fiscalité du propriétaire, ne détermine pas le préavis du locataire. Il faut donc regarder le bail lui-même et vérifier qu’il s’agit bien d’une location meublée destinée à la résidence principale.
Lettre de préavis : les modes d’envoi qui permettent de prouver le congé
Le congé du locataire doit être notifié par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. Dans les deux premiers cas, conservez le justificatif ; pour une remise directe, demandez un écrit daté et signé.
Un SMS ou un courriel ordinaire ne constitue pas une notification conforme. La lettre recommandée électronique peut être utilisée si le destinataire a accepté ce mode de communication au préalable. Gardez alors les preuves de dépôt et de réception.
Le point déterminant est la date de réception du préavis, et non celle de son envoi. Si le courrier part le 10 et parvient au bailleur le 12, le délai commence le 12. Un recommandé non retiré peut créer une difficulté : mieux vaut choisir un mode de notification qui permet d’établir sans ambiguïté que le congé a bien été reçu.
La lettre de préavis doit identifier le locataire et le bailleur, préciser l’adresse du logement et indiquer la volonté de mettre fin au contrat. Citer l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 aide à rappeler le fondement du délai applicable.
Modèle de lettre de résiliation pour un bail meublé
Le modèle ci-dessous est à adapter avec les coordonnées et les dates exactes. La date de fin indiquée doit correspondre à un mois après la réception du congé par le bailleur.
Objet : congé du locataire – location meublée
Madame, Monsieur,
Je vous informe de ma décision de mettre fin au bail du logement meublé situé au [adresse complète], que j’occupe en vertu du contrat signé le [date de signature du bail].
Conformément à l’article 25-8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le délai de préavis applicable est d’un mois à compter de la réception de ce congé. Sous réserve de la date de réception, le préavis prendra fin le [date à vérifier].
Je vous propose de convenir ensemble d’une date pour l’état des lieux de sortie et la remise des clés.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Nom et prénom]
[Adresse]
[Signature]
Ce modèle de lettre de résiliation peut être envoyé en recommandé avec avis de réception, remis en main propre contre récépissé ou signifié par un commissaire de justice. L’important est de garder une preuve datée de la notification.
Calculer la durée du préavis et le loyer restant à payer
Le délai se calcule de date à date, à partir de la réception du congé. Les week-ends et jours fériés sont compris : si le préavis se termine un dimanche, il ne se prolonge pas automatiquement jusqu’au lundi.
- Congé reçu le 8 février : le préavis prend fin le 8 mars.
- Congé reçu le 31 janvier : le délai expire le dernier jour de février, soit le 28 ou le 29 selon l’année.
- Congé reçu le 21 décembre : le délai prend fin le 21 janvier.
Un locataire peut déménager avant la fin du délai, mais cela ne met pas automatiquement fin au loyer. Sauf accord du bailleur, le loyer et les charges restent dus jusqu’au terme du préavis. Si un nouveau locataire entre dans le logement avant cette date avec l’accord du bailleur, le locataire sortant ne paie que jusqu’à la date de cette nouvelle occupation.
Lorsque le préavis se termine au milieu d’un mois, le loyer est calculé au prorata du nombre de jours concernés : loyer mensuel × jours dus / nombre de jours du mois. Un exemple chiffré et la méthode de calcul sont détaillés dans ce guide sur le loyer au prorata des jours.
Par exemple, si un bail se termine le 8 mars, le montant dû pour mars correspond généralement à huit jours sur les 31 du mois. Si le logement est reloué avant le terme du préavis, la date d’entrée du nouvel occupant peut modifier le calcul : il est utile de la faire confirmer par écrit.
Loyer, dépôt de garantie et organisation du départ du logement meublé
Le départ du logement meublé ne dispense pas de régler les sommes dues pendant le préavis. Le locataire ne peut pas décider de remplacer ses derniers loyers par le dépôt de garantie, même s’il estime que le logement sera rendu en bon état.
Dans un bail meublé de résidence principale, le dépôt de garantie est plafonné à deux mois de loyer hors charges. Après la remise des clés, le délai de restitution est en principe d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, et de deux mois si des différences justifient des retenues. Celles-ci doivent être justifiées.
Pour éviter qu’un détail ne devienne un désaccord, préparez une sortie documentée :
- Fixez par écrit la date de l’état des lieux de sortie et relevez les compteurs.
- Comparez l’état des lieux d’entrée et celui de sortie, pièce par pièce.
- Vérifiez l’inventaire du mobilier, son état et le fonctionnement des équipements.
- Prenez des photos datées et conservez les échanges avec le bailleur.
- Demandez un récépissé indiquant la date de remise des clés.
Les visites en vue d’une relocation doivent rester organisées selon les conditions prévues au bail et les règles applicables. Convenez d’horaires raisonnables avec le bailleur plutôt que de vous fier à un accord oral difficile à établir ensuite.
Congé du bailleur, colocation et départ sans préavis : les cas particuliers
Le bailleur doit notifier son congé au moins trois mois avant l’échéance du bail meublé et préciser le motif retenu. Pour une reprise, il doit notamment indiquer l’identité du bénéficiaire et le lien qui l’unit au propriétaire. Un congé envoyé trop tard ou dépourvu de motif valable ne met pas fin au bail à l’échéance prévue.
En colocation, les conséquences varient selon que chaque colocataire a signé un bail individuel ou qu’un bail unique a été conclu. Avec un bail unique et une clause de solidarité, le colocataire sortant peut rester tenu de certaines obligations financières jusqu’à l’arrivée d’un remplaçant ou, à défaut, pendant une durée maximale prévue par la loi. Pour une colocation étudiante, il est utile de formaliser le remplacement et de prévenir à la fois le bailleur et les colocataires restants. Un exemple de contexte figure dans cet article sur la colocation étudiante à Annecy.
Un logement indécent ou présentant un danger ne permet pas automatiquement de partir sans préavis. La situation doit être documentée et les démarches adaptées au problème ; un départ sans notification ni éléments probants peut laisser le locataire redevable des loyers jusqu’au terme normal du délai. En cas de risque immédiat, la sécurité des occupants reste prioritaire, avec l’appui des services compétents et de l’Adil.
Pour vérifier une situation précise, les ressources de Service-Public.fr et des agences départementales d’information sur le logement (Adil) permettent de consulter les règles et d’obtenir une information adaptée au dossier.
Questions fréquentes sur le préavis en location meublée
Le préavis d’un mois s’applique-t-il aussi en zone tendue ?
Oui. Pour une location meublée constituant la résidence principale, le locataire dispose d’un mois de préavis quelle que soit la commune.
Le bailleur peut-il imposer un préavis supérieur à un mois au locataire ?
Non, pour un bail meublé de résidence principale, le délai légal du locataire est d’un mois. Une clause qui prévoit un délai supérieur ne peut pas écarter cette règle.
Le préavis commence-t-il à la date d’envoi de la lettre ?
Non. Il commence lorsque le congé est reçu par le bailleur ou remis contre récépissé, selon le mode de notification utilisé. Il est donc important de conserver une preuve datée.
Peut-on cesser de payer le loyer dès le déménagement ?
Pas nécessairement. Le loyer et les charges restent dus jusqu’à la fin du préavis, sauf accord du bailleur ou entrée d’un nouveau locataire avant le terme.
La location saisonnière suit-elle le préavis d’un mois ?
Pas automatiquement. Une location saisonnière n’est pas régie par les mêmes règles que le bail meublé de résidence principale ; il faut examiner les conditions prévues au contrat.





